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Concilier urbanisme et verdissement de nos communes

La densification encouragée par la loi ALUR et la tentation des maires de construire toujours plus pour alimenter le budget de la commune par la taxe foncière réduisent malheureusement la place des espaces verts.

Toutefois un PLU (plan local d’urbanisme) peut instituer des servitudes dans les zones à urbaniser :

— Désigner des espaces verts publics ou privés à conserver, à classer définitivement en parcelles inconstructibles.

A Saint Rémy, le terrain communal annexé au parc de l’hôtel de l’Image, le jardin pédagogique du Lycée Agricole et l’oliveraie située à l’angle de la route des Antiques et du chemin

Gaulois (en partie inconstructible à la demande des propriétaires), pourraient à terme devenir des jardins publics, poumons verts au mitan de la commune.

— Restaurer les continuités écologiques : Les TVB (trames vertes et bleues) des PLU sont des états de lieu incomplets. Sur les plans ne sont indiqués qu’une partie des ripisylves, des bosquets de plaine, des vieux oliviers, des alignements de cyprès et de peupliers, de tout ce qui assure la circulation de la microfaune du sol, des petits mammifères, des oiseaux et leur fournissent hébergement et nourriture, à condition d’être reliés : Un gros chantier en perspective !

Les règlements d’urbanisme doivent interdire le busage ou le cuvelage des canaux et fossés, la survie de la ripisylve dépend des eaux d’infiltration.

Quant aux arbres situés aux abords des monuments historiques ou dans un site patrimonial, ils peuvent bénéficier de la protection du bâti concerné : les pins de l’allée de Saint Paul de Mausole et les arbres de Judée du site de Glanum par exemple.

Permis de construire : Lorsque la suppression d’arbres s’avère nécessaire, les sujets concernés doivent être transplantés ou remplacés.

Attention au « verdissement » des permis de construire par des toitures végétalisées peu adaptées à notre climat !

Ou planter, que planter ?   Espaces de stationnement, cours d’école et trottoirs sont des ilots de chaleur, les arborer ferait tomber la fièvre des façades et de l’asphalte. Par ailleurs certaines essences ingèrent le CO2 et les particules polluantes des véhicules, les stockent et les rendent inoffensives.

Diversifier les nouvelles plantations : Bannir les haies monospécifiques, éviter de planter que des micocouliers (sous prétexte qu’ils ne connaissent pas -encore- de maladies) et des lauriers roses (boudés par les papillons, insectes pollinisateurs et oiseaux – qui n’ont pour eux que d’être décoratifs). Ce type de plantation a malheureusement la préférence des aménageurs !

Chaque commune devrait avoir un arboretum consacré aux espèces emblématiques de la Provence rhodanienne : mûriers blancs, arbres de Judée, jujubiers, plaqueminiers, arbousiers…quasi disparus de nos jardins « manicurés » et « empelousés » !

Créer un conservatoire de variétés anciennes et modernes d’amandiers, d’oliviers, de figuiers, de cépages de vignes ? Y rajouter des variétés non indigènes telles que les sophoras, savonniers, pacaniers, eucalyptus… adaptés au réchauffement climatique ?

De tels espaces de détente et de rencontre, ombragés, pédagogiques, avec des circuits adaptés aux jeunes enfants et aux personnes à mobilité réduite (voir arboretum de Saint Martin de Crau) auraient toute leur place dans nos communes.

Sans surcroit de travail pour les employés municipaux, car ce serait l’occasion de laisser tomber le jardinage des ronds-points, gourmand en main d’œuvre. Les voitures, premières concernées, y sont bien indifférentes ! Galets et vivaces méditerranéennes suffiraient à les meubler…